A l’heure où les opinions occidentales se « droitisent » et où les populistes d’extrême droite gagnent du terrain, le clivage politique gauche-droite a-t-il encore un sens ? Après l’échec patent du communisme, la gauche a-t-elle encore une alternative politique à offrir ? La question écologique peut-elle réanimer la politique ?
DSK OUT pour une accusation de tentative de viol d’une femme de chambre ? Je n’y crois pas. C'est pas du jeu. Comme d’habitude, le débat d'idées n’aura pas eu lieu.
Si les faits sont avérés, France-Inter va devoir réembaucher Stéphane Guillon.
Stéphane Guillon à propos de Dominique Strauss-Kahn sur France Inter
Europe Ecologie-les Verts est pour une légalisation, Nicolas Hulot penchant pour une simple dépénalisation (pas de prison pour l’usage), alors que Eva Joly est sur la ligne Gatignon. Au PS, Strauss-Kahn a reconnu dans une bio qu’il a fumé des joints, mais prendra-t-il position ? Pas sûr. Les socialistes ont peur d’être traités de «gauche pétard», et leur projet pour 2012 élude la question. Favorable à un marché régulé, Daniel Vaillant, ancien ministre de l’Intérieur, mène un débat interne au PS, dont il doit rendre les conclusions fin mai. Pas sûr que ça fasse avancer le schmilblick.
La droite, elle, est bloquée en mode ultra-répressif. Pourtant, en 2003, Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, proposait de remplacer la peine d’un an de prison pour usage par une contravention. Il a depuis tourné casaque. Néanmoins c’est à la droite qu’on doit deux grandes avancées sur les drogues (en 1987, la vente libre de seringues en pharmacie et, en 1994, l’autorisation des traitements de substitution).
Paralysés par la peur du tabou, les politiques en restent à un argument moralisateur : les drogues, c’est mal, il faut les interdire. Que cela ne serve à rien ne les chagrine pas.
«Le secteur bancaire s’est écroulé, l’Etat s’est porté à son secours et est tombé à sa suite. La banque a alors grimpé sur les épaules de l’Etat, ce qui lui a permis de sortir du trou. L’Etat, lui, y est resté», conclut Jorion.
Alors que faire ? «D’abord, jeter un regard en arrière et remettre le processus à plat». Ensuite, tout faire pour mettre en pratique quatre principes : «Ne pas imposer le travail, qui constitue sans conteste l’activité humaine la plus utile et la plus digne d’être encouragée» ; «imposer substantiellement les revenus du capital (dont les stock-options)» ;«imposer de manière dissuasive les gains du jeu, y compris les opérations financières». Enfin «éliminer les rentes de situation». Si ce n’est pas une révolution, cela y ressemble.
Paparazzi in Frederico Fellini La dolce vita (1960)
Oubliant malencontreusement un conditionnel, Jean-Pierre Chevènement annonce prématurément sa candidature à l’élection présidentielle. Oubliant que le scrutin élyséen n’est pas destiné à servir de tribune à toutes les causes, Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires (Cran) proclame son intention d’être candidat. Côté socialiste, Dominique Strauss-Kahn laisse de plus en plus la bride sur le cou à ses partisans tandis que Martine Aubry confie à ses proches qu’elle s’effacera devant le managing director du FMI (tout en démentant pour l’heure).
L’élection présidentielle pollue plus que jamais le débat public. Les jeux politiciens occultent les enjeux de fond. Et les médias en portent une part de responsabilité.
La semaine d’Eric Dupin dans Libération du 7 et 8/5/2011
Ceux qui se disent progressistes ont tendance à avoir un cortex cingulaire antérieur plus développé (c'est la partie frontale du cortex dont les fibres relaient les signaux neuronaux entre les hémisphères cérébraux droit et gauche) que les personnes se considérant conservatrices, expliquent les auteurs de ces travaux parus dans la revue Current Biology [...]
Ces différences structurelles correspondent au fait que les progressistes ont de plus grandes facilités à gérer des informations contradictoires et les conservateurs à percevoir une menace, précisent les auteurs de l'étude.[...]
L'expression est d'autant plus vague que la gauche, elle non plus, n'a jamais constitué un corps homogène : « Au XIXe siècle, on se dit "républicain", ou "démocrate", pas "de gauche", rappelle l'historien Gilles Candar. Cette expression, d'origine parlementaire et pas du tout populaire, n'entre dans le vocabulaire qu'au début du XXe siècle. »
Quant au vivier électoral de gauche, il change avec le temps et le paysage politique. On peut appartenir à la gauche avec Thiers en 1830, avec les insurgés de 1848, ou avec Georges Marchais en 1981 (les 15 % obtenus par le candidat communiste au premier tour - contre 20 % aux législatives de 1978 - marquant le début d'une vertigineuse dégringolade).
Mais pour qu'il y ait victoire, il faut que la rencontre de grandes luttes et d'un discours politique permettent à « la gauche », ce matériau composite, de «coaguler ». Ce fut le cas en 1924 avec le Cartel des gauches, en 1936 sous le Front populaire, ou en 1981. [...]
Législatives de 1986 : la faucheuse repasse et envoie la gauche dans l'opposition.
1988 : Mitterrand, prudent, préfère en appeler, sur ses affiches, à « La France unie »plutôt qu'au peuple de gauche... qui le lâche aux législatives suivantes, pour une nouvelle cohabitation.
En fait, le PS ne tient pas ses troupes, notamment ses ouvriers : en 1988, Mitterrand reste encore majoritaire chez eux, mais le pourcentage de cols bleus votant à gauche est divisé par deux en 1995, puis en 2002. Un ouvrier sur trois a voté Le Pen à la présidentielle de 1995, et un sur... huit pour Jospin en 2002 !
« Souvenez-vous des ouvriers de Mazamet, qui, dans les premières années du XXe siècle, défilaient sous des drapeaux rouges pour défendre leurs intérêts mais votaient conservateur, voire réactionnaire, aux élections, malgré les appels du pied de Jaurès. Ce n'est pas parce qu'on vient du peuple que l'on vote à gauche, et la droite, elle aussi, a su mobiliser quand il le fallait : il n'y avait pas que des gens fortunés dans la gigantesque manifestation pour la défense de l'école libre, en 1984. Il est vrai qu'on disait alors "la foule"... »